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L’émoi d’octobre
Les conditions des successions de Jean-Pierre Farandou et Philippe Wahl consternent de très nombreux professionnels, élus et syndicalistes du secteur des transports. Mais chut ! Pas de protestation publique…
En automne, les feuillles mortes se ramassent à la pelle. Les désillusions et les émois aussi, manifestement, après l’annonce de l’Elysée vendredi dernier de vouloir confier la SNCF à Jean Castex et La Poste à Marie-Ange Debon (lire MobiEdito). Nous les avons recueillis dans un volume jamais atteint depuis la création de Mobilettre, le week-end dernier. Et ce, quels que soient les fonctions, les opinions, les niveaux hiérarchiques…
Passons à la suite. La «proposition» d’Emmanuel Macron, après des mois d’hésitations, tombe au plus mauvais moment : le gouvernement de Sébastien Lecornu n’est toujours pas nommé (ce serait pour ce week-end?), les ministres démissionnaires sont empêchés, font leurs cartons ou prient pour leur renouvellement. Quel projet pour la SNCF, qui à la RATP, qui à Keolis ? Les deux têtes de l’exécutif ont bien d’autres priorités que la succession de Jean Castex, qui n’est pas encore lui-même en position officielle de choisir le président du Directoire de Keolis (lire aussi ci-dessous). Il lui faut d’abord passer le double obstacle de la HATVP (sic) et des commissions parlementaires, qui ne semblent guère dans l’état d’esprit de rejeter la candidature d’un ancien Premier ministre qui a beaucoup flatté les territoires.
«Mettons de côté le choix de nommer Jean Castex à la SNCF, argumente une interlocutrice qui ne veut pas s’exposer publiquement. Ne pas avoir anticipé sa succession à la RATP est impardonnable.»
Oubliés les processus d’évaluation des candidats, les masques tombent et l’exécutif rabougri ne s’embarrasse plus des formes : il fait comme il l’entend, au mépris des réalités économiques, sociales et managériales. Malgré le désaveu des Français qui tourne de plus en plus à la colère, il continue de dissuader toute rébellion face à ses méthodes qui ressortent de l’abus de puissance. Même les syndicalistes ne s’en émeuvent pas publiquement. Pourtant… Tou-te-s les prétendant-e-s officiel-le-s à la succession de Philippe Wahl, qui se sont inscrit-e-s dans un process de recrutement officiel, auraient quelque raison de protester, coiffés au poteau par Marie-Ange Debon.
Bon, on vous rassure, les candidat-e-s existent pour la RATP, qu’ils soient ministres ou anciens ministres pressés de quitter le navire macronien qui prend l’eau, ou professionnels sincèrement attirés par le job. Ils existent aussi pour Keolis. Mais il faudra attendre au moins le mois de novembre pour que les postes soient pourvus (lire ci-dessous). D’ici là, les coulisses vont s’échauffer.
Le quartier général n’est pas mort, il s’agite encore.
G. D.
Le feuilleton de la nomination du président du conseil de surveillance de la SGP
Voici une petite histoire qui confirme la triste défaillance de la gouvernance des entreprises publiques. Elle est anecdotique mais révélatrice. Depuis le milieu de la semaine dernière la Société des Grands Projets n’a plus légalement de président pour son Conseil de surveillance. La date est connue depuis longtemps (comme celle des limites d’âge de Jean-Pierre Farandou et Philippe Wahl), mais l’Etat se montre incapable de trancher dans un invraisemblable feuilleton de prétendants aussi vite recalés que déclarés à la succession du maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane.
Egrenons. Hélène de Comarmont, maire (PS) de Cachan et vice-présidente du Comité stratégique, Nicolas Samsoen, maire (UDI) de Massy et président dudit comité, Laurent Jeanne, maire (Libres !) de Champigny. A chaque fois, opposition des uns ou des autres, pour des raisons de rivalités politiques ou personnelles. Et puis surgit in extremis la solution : Bernard Gauducheau, maire respecté (UDI) de Vanves, qui connaît bien la SGP pour en avoir été le président du comité stratégique. Il fait à peu près l’unanimité.
Oui mais voilà, encore plus in extremis, on se rend compte qu’il est inéligible à une telle fonction… puisqu’il a dépassé les 70 ans depuis juin dernier ! Retour à la case départ. Qui pour remplacer Karim Bouamrane, probablement plus doué pour gérer sa commune de Saint-Ouen, et c’est un compliment, que surveiller un établissement sensible et complexe comme la SGP – et c’est un regret.
Que croyez-vous donc qu’il puisse advenir, dans les jours prochains, sous réserve d’une confirmation que n’avons pas pu obtenir hier lors du dévoiement de la collection des œuvres d’art des gares du Grand Paris Express ? Karim Bouamrane se succéderait à lui-même jusqu’aux élections municipales de 2026 !
Ce coup-ci, ce sont les structures publiques qui bégaient encore…
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ANALYSE
Transport public : chronique d’un système turbulé
Trois grandes entreprises de transport public hexagonal, la SNCF, sa filiale Keolis et la RATP vont donc changer de dirigeants, alors qu’elles s’affrontent durement sur les DSP en France comme à l’étranger. Drôle de moment pour des successions.
Jean Castex et la concurrence
Jean Castex a donc pris les devants en organisant avant même toute injonction d’une autorité compétente ses propres déports : «A compter de ce jour pour la RATP et dès son entrée en fonctions à la SNCF, de l’ensemble du processus des appels d’offres dans lesquels les groupes RATP et SNCF sont en concurrence, et pendant une durée de trois ans à compter de sa prise de fonctions à la SNCF, de tous les dossiers d’appels d’offres en France auxquels concourra le groupe SNCF et dans lesquels le groupe RATP est le titulaire sortant». Pour ce qui est l’étranger, en revanche, rien : «Jean Castex souhaite que le savoir-faire français soit porté de manière plus unie.» On y reviendra.
Jean Castex fixe donc ses propres règles comme un Premier ministre qu’il fut, et limite notamment ses déports comme futur PDG de la SNCF aux seules procédures d’appels d’offres dans lesquelles la RATP est titulaire sortant. Il s’agit d’une vision restrictive du conflit d’intérêt : un opérateur tiers, Transdev par exemple, ou une autorité organisatrice, pourrait considérer qu’il fausse de fait le principe d’équité concurrentielle, de par sa connaissance des offres de la RATP, qu’elle soit titulaire sortante ou challenger, ou de sa stratégie.
«Toutes les grandes entreprises admettent le jeu du marché, leurs dirigeants peuvent passer d’un constructeur automobile à un autre, d’une industrie pharmaceutique à une autre. Pourquoi fixer des règles de déport ou soupçonner de conflit d’intérêt dans le transport public ?», nous a interpellé cette semaine un haut dirigeant du secteur. Tout simplement parce que contrairement aux marchés B to C les marchés publics sont régis par des règles qui imposent une stricte équité concurrentielle, et c’est heureux. Jean Castex pourra sans problème s’occuper de développer les TGV puisque la RATP ne s’est jamais positionné sur le secteur…
Quant à l’étranger, on ne tranchera pas ici entre ceux qui souhaitent chasser en meute pour la France et ceux qui pensent que concourir de façon séparée augmente les chances de succès: c’est un très ancien débat. Après tout, Keolis et RATP Dev ont leurs propres méthodes et atouts qu’une «fusion» amoindrirait peut-être ? Pour les grandes autorités organisatrices matures, en Australie ou aux Etats-Unis, ce sont la qualité du dossier, la crédibilité du prétendant et la proposition financière qui importent, tout à la fois. Qui orienterait les compétitions vers Keolis plutôt que vers RATP Dev, et inversement ? Jean Castex ? Ajoutons que sa récente évolution du capital semble retirer Transdev de cette hypothèse de répartition des marchés. Quelle clarification bienvenue…
L’avenir de Keolis
Pour endiguer le risque de discontinuité managériale, le conseil de surveillance de Keolis a d’ores et déjà préparé un dispositif d’interim qui sera confié le moment venu à Christelle Villadary, directrice Finances, Juridique et Stratégie. La succession, elle, appartiendra aux deux actionnnaires. Il n’est pas envisageable que le futur PDG de l’actionnaire majoritaire, Jean Castex, s’il est confirmé par le Parlement, ne s’implique pas directement dans le processus en lien avec la CDPQ, l’actionnaire minoritaire qui a plus que son mot à dire, au vu de ses autres participations (Eurostar notamment) et, peut-être, d’une certaine lassitude devant l’absence de bénéfices récurrents. Peut-il le faire sans être encore en poste ? Juridiquement non. Mais au regard du choix d’Alain Resplendy-Bernard à la tête de Gares & Connexions (lire MobiAlerte 125), à la fin du mois d’août, tout semble possible…
Marie-Ange Debon va partir avant que soient visibles dans les résultats de 2025 les conséquences de quelques pertes majeures (Melbourne, une partie de Lyon, Caen, le Pays Basque etc), loin d’être compensées par les jolis gains en Ile-de-France et à l’international. Si l’équipe de direction s’est stabilisée après le départ des historiques, par le recrutement notamment de plusieurs cadres de Suez (Annelise Avril, Christelle Villadary, Sophie Durand) et d’ailleurs (Laurence Broseta), quelques départs récents (Julien Robin, directeur Fusions et acquisitions, Fabrice Lepoutre, DG d’Effia, Thomas Fontaine, Keolis Lyon) font parler en interne. Keolis s’orientera-t-il vers le profil d’un dirigeant avant tout aguerri aux métiers du transport public, plus qu’à la finance, pour faire court, afin d’enclencher une nouvelle dynamique managériale ? L’arrivée récente au Comex d’Abdellah Chajai, un bon professionnel passé notamment par Londres et Boston, en remplacement de l’ancien ministre Jean-Christophe Combe qui ne s’est pas attardé, attesterait d’un besoin de crédibilité métier.
La RATP en situation perturbée
La dernière attribution des deux lots bus de Paris/petite couronne (lire MobiAlerte 126), au profit de RATP CAP Ile-de-France, a évité une crise finale à Jean Castex. Car dans son ensemble le corps social de la RATP, y compris une bonne partie de ses cadres, ne comprend pas l’intérêt des mises en concurrence, ne les admet que du bout des claviers et rechigne à reconnaître le pouvoir de son autorité organisatrice sur de nombreux sujets. «Qu’elle paie et nous laisse faire…», entend-on encore souvent. C’est dire qu’au-delà des réorganisations en cours pour se conformer à la loi, notamment autour du gestionnaire d’infrastructure, du GPSR et des nouvelles sociétés dédiées, le travail reste immense pour améliorer la compétitivité de l’Epic (métro, RER et services support) et privilégier la complémentarité au service des voyageurs.
Jean Castex s’en va sans vraiment avoir attaqué cette falaise-là. Quel profil pour lui succéder ? Une techno-financière comme Catherine Guillouard, évincée dès qu’elle a voulu accélérer ? Un ou une politique, en continuité de Jean Castex, pour gérer au mieux les tensions ? Un pro du transport, habile en négociations, pour retrouver une légitimité métier auprès des équipes et améliorer les performances ?
De son côté, RATP Dev n’a jamais semblé aussi forte, avec plusieurs victoires d’importance (Lyon, l’Etoile de Caen), grâce à un management stable et cohérent : Hiba Farès en chef d’équipe avisée, Serge Reynaud plus expert que jamais sur la France, Jean Castex en soutien opportun aux moments cruciaux des compétitions. Un bémol : une recapitalisation qui pose à nouveau la question du financement «indirect» par IDFM des conquêtes hors Ile-de-France.
Transdev à l’abri ?
Désormais franco-allemande, avec un siège social en France et un capital majoritairement détenu par le groupe allemand Rethmann, Transdev est à peu près libre de choisir son destin et ses stratégies de croissance, loin des péripéties liées aux défaillances de l’Etat français actionnaire. Peut-elle pour autant regarder de loin les bouleversements en cours à la SNCF et à la RATP ? Ce n’est pas certain : selon l’intensité de la rivalité entre les deux groupes, ou inversement si des accords plus ou moins officiels de non-agression sont noués, la nature du terrain de jeu concurrentiel pourrait évoluer. Dit autrement : pour tirer profit d’une position d’alternative aux groupes publics sur le marché français, il faudra probablement un peu plus d’audace.
La SNCF dans l’inconnu
Malgré des crises successives (Covid, retraites, coût de l’énergie), le groupe SNCF a tiré profit de la constance de sa stratégie depuis 2019, défendue par le duo Farandou/Trévisani : maintien en son sein de Geodis et Keolis, sauvetage du fret, préparation énergique aux mises en concurrence et exploitation maximale de la rente du TGV. Qu’en sera-t-il demain ? Continuité stratégique ou pas ?
Question connexe : la stratégie suivie sera-t-elle celle de Jean Castex ou celle de l’Etat ? S’inscrira-t-il dans les pas de son prédécesseur qui a accumulé les bénéfices successifs, à la satisfaction de Bercy qui entend plus que jamais limiter ses subventions à SNCF Réseau ? Voudra-t-il tout gagner, sur les TER et en Ile-de-France, au risque de dégrader le bilan de SNCF Voyageurs ? La conséquence de sa nomination discrétionnaire par Emmanuel Macron, c’est que nul ne sait trop rien de ses intentions. En 2019 Jean-Pierre Farandou avait convaincu Edouard Philippe d’une stratégie de pacification sociale et de restauration des fondamentaux ferroviaires. Qu’en est-il aujourd’hui? En 2025, les articles sur Jean Castex mentionnent surtout «son goût pour le train depuis l’âge de douze ans, en témoigne son abonnement à La Vie du Rail». En saura-t-on davantage lors de ses auditions parlementaires ?
DOCUMENTAIRE
La genèse de l’étalement inutile
Ce film de 52 minutes pose de façon judicieuse la question de la pertinence des nouvelles zones d’activité qui fleurissent un peu partout. Où l’on découvre, entre autres, le concept d’étalement urbain par anticipation…
Quand la terre devient béton.
52 minutes, 2025. Réalisatrice : Raphaële Taquard. Production : France TV et Sancho & Cie. Disponible gratuitement sur le site de France TV jusqu’au 30 avril 2026.
Mais pourquoi ? Pourquoi transformer 27 hectares de terres agricoles, parmi les plus fertiles d’Alsace, en zone d’activité, alors qu’aucune entreprise n’a émis le souhait de s’y implanter ? C’est la question que la journaliste et réalisatrice Raphaële Taquard, 35 ans, qui a grandi dans la région, tourne et retourne à l’écran. Toutes les conséquences de l’étalement urbain, qui se poursuit à un rythme soutenu malgré les belles promesses, sont explorées : destruction de la biodiversité, artificialisation et pollution des sols, développement des infrastructures routières, allongement des distances, promesses de créations d’emplois jamais tenues. L’esthétique des images prises par un drone survolant les champs bariolés comme les parkings vides, rehaussée d’une bande son dynamique, accompagne le propos.
Si l’étalement pavillonnaire est amplement documenté, si la multiplication des zones commerciales superflues fait enfin débat, la pertinence des zones d’activité est rarement questionnée. Et pourtant, celle du Daweid, nom de ce petit territoire s’ouvrant sur la vallée de la Lauch (Haut-Rhin), voulue par la Communauté de communes, ne répond à aucune demande. Marc Jung, maire d’Issenheim (3 400 habitants), favorable au projet, l’avoue avec une naïveté confondante face à la caméra : « non », il n’a pas une idée précise des entreprises qui pourront s’installer ici. Connaît-il des dirigeants désireux de créer une activité ? « Des contacts existaient », lâche-t-il vaguement, avant de servir un argumentaire érodé : « Le temps de l’entreprise n’est pas le temps administratif. Il faut avoir des terrains qui soient prêts ».
Les terrains disponibles, dans la vallée, ne manquent pas, comme l’a constaté Raphaële Taquard. A exactement dix mètres de la future urbanisation, de l’autre côté de la 4 voies, il existe une zone qui comporte une petite dizaine de parcelles disponibles, 12,2 hectares au total. Jean-Philippe Strebler, urbaniste et juriste, rappelle le principe du Zéro artificialisation nette : « Réduire de moitié la consommation de terres par rapport à la décennie 2011-2021 ». Autrement dit, « on a bouffé 250 000 hectares en 10 ans, et il faudra se contenter de 125 000 pour la décennie suivante ». Le Daweid n’est pas un cas isolé. En Isère, à Pontcharra, la communauté de communes du Grésivaudan a voté la construction d’une zone d’activité qui doit « anticiper la constitution d’espaces économiques disponibles pour répondre aux besoins des entreprises ». L’étalement urbain par anticipation, un concept qu’on n’avait pas vu venir et dont ce film démontre l’absurde. O. R.
COLLOQUE ANNUEL
Les opérateurs alternatifs font recette
Salle pleine mardi 30 septembre au colloque annuel de l’Afra, l’association française du rail qui regroupe les opérateurs alternatifs. Pour la première fois, son président est issue d’une entreprise non adhérente lors de sa création en 2009. Marco Caposciutti, président de Trenitalia France, succède à Alexandre Gallo (DB Cargo).
Cette affluence confirme l’effervescence consécutive à plusieurs concrétisations récentes de l’ouverture à la concurrence : Velvet sur la grande vitesse et RATP Dev sur l’Etoile de Caen, après Trenitalia qui accroît son offensive sur Paris-Lyon-Marseille et Transdev qui a commencé l’exploitation de Marseille-Nice. Elle suscite aussi l’intérêt de prestataires alléchés par l’ouverture des marchés, y compris digitaux (distribution et info voyageurs)… et des différentes entités du groupe SNCF. Christophe Fanichet pour SNCF Voyageurs et Matthieu Chabanel pour SNCF Réseau étaient présents.
Si les débats ont été plutôt feutrés, quelques messages clairs sont passés, comme ceux-ci : il faut continuer à résoudre les problèmes qui se posent en matière sociale (Alix Lecadre, Transdev), il faut garantir sur le long terme la stabilité des règles et des tarifs, notamment le niveau des péages (Rachel Picard, Velvet). Faute de quoi les investisseurs pourraient se lasser…
Le fret libéralisé depuis 2006 n’a pas été oublié. Notamment, Christian Bernard de l’Afra a présenté les premiers résultats de l’Observatoire du réseau et des infrastructures ferroviaires (Ofri). Où l’on apprend, entre autres, que depuis 2022 la ponctualité des trains au départ s’est améliorée de 3,5 points à 72%, mais que la ponctualité à l’arrivée a stagné voire s’est légèrement dégradée à 60%. Surprise : pendant des années les équipes de SNCF Réseau expliquaient y compris publiquement que majoritairement les trains arrivaient en retard parce qu’ils ne partaient pas à l’heure, et qu’il fallait résoudre en priorité ce problème. C’est un peu plus compliqué…
Autre enseignement, l’irrégularité liée uniquement à SNCF Réseau (en minutes perdues) est due majoritairement (à 60%) à des causes infrastructures (c’est-à-dire ni travaux ni exploitation du réseau). Ce taux s’est dégradé de 5 points depuis 2022, avec parmi ces causes infrastructures la progression de la cause signalisation (+ 5 points). Conclusion logique : il faut continuer à moderniser le réseau, sans oublier la commande centralisée et l’ERTMS.
RENDEZ-VOUS
Le 25 novembre, les 15èmes Rencontres du fret ferroviaire du futur et des OFP
«Quelles concrétisations à attendre après la conférence Ambition France Transports ?» Très logiquement la grande conférence annuelle du fret va traiter, en plus des sujets métiers, techniques et financiers qui ont fait sa belle réputation de rendez-vous de référence pour les professionnels du fret, de la suite de la conférence gouvernementale qui s’est achevée en juillet dernier. Loi-cadre, PLF 2026, lignes de desserte fine du territoire : pour traiter de ces questions majeures pour l’avenir des trafics, Dominique BUSSEREAU (Président de la conférence Ambition France Transports), Clément BEAUNE (Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan), David VALENCE (Président du COI), Matthieu CHABANEL (SNCF Réseau), Raphael DOUTREBENTE (4F), Patrick JEANTET (FIF), François PHILIZOT (Préfet en charge de la mission sur le financement des LDFT), Alexandre GALLO (AFRA), Florence SAUTEJEAU (UTPF).
Programme complet et inscriptions :
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MOUVEMENTS
Hélène Vasseur rejoint RATP Infra
La directrice commerciale, marketing et économie de SNCF Réseau va rejoindre un autre gestionnaire d’infrastructure, celui du groupe RATP, pour y occuper le poste de Directrice performance économique et financière et contrats, ce qui témoigne de la volonté de la RATP de progresser sur ces sujets-là. Hélène Vasseur a reçu un avis favorable de la Commission de déontologie du système ferroviaire.
Dorothée Griveaux, de Denton’s à Gibson Dunn
Le mercato touche aussi la profession d’avocat. Le bureau parisien de Gibson Dunn, grand cabinet international avec 2 000 avocats et 22 implantations dans le monde spécialisé dans les infrastructures et l’énergie, vient de recruter comme associée Dorothée Griveaux, jusqu’alors chez le géant Denton’s depuis 17 ans. Elle conseillera les clients de Gibson Dunn sur les questions de droit public et de droit des secteurs régulés, en plein essor.

