L’info vient des Etats-Unis, plus précisément de Seattle, où se tenait cette semaine le Congrès de l’Apta (American Public Transportation Association), la puissante organisation américaine des professionnels du transport public. Mercredi 3 octobre, nous sommes aux deux tiers d’une présentation publique sur le Grand Paris, signée par Pierre Serne, vice-président de la région Ile-de-France et vice-président du Stif, et Jean-Claude Ziv, professeur au Cnam et secrétaire général de la Codatu. Arrive alors une page intitulée Order of priority, avec comme avertissement: «You are the first audience to hear this». La suite est très claire:
Cette prise de position intervient alors qu’à Paris se calmait la polémique, lancée par Valérie Pécresse, sur le milliard d’euros qui manquerait au budget 2013 pour le Grand Paris. Interrogée par l’AFP, Cécile Duflot a démenti toute décision de séquençage, s’en remettant d’abord au rapport de Pascal Auzannet sur l’évaluation du coût des projets, fin octobre, avant de déterminer des priorités.
Sur le fond, les priorités de Pierre Serne apparaissent logiques. Le rééquilibrage global des infrastructures vers l’est (Val-de-Marne et Seine-Saint-Denis) est attendu. La desserte de Charles-de-Gaulle depuis La Défense apparaît comme un doublon du RER B, voire du projet CDG Express défendu par les quatre entreprises publiques (RFF, SNCF, RATP, ADP) et qui reprend du poil de la bête. Quant à la desserte de Saclay (la ligne verte), les tensions lors de son élaboration n’avaient pas disparu.
Pierre Serne a également confirmé que la bataille était rude entre Cécile Duflot et Bercy. «Cécile Duflot se bat avec l’ensemble du gouvernement pour convaincre Bercy de poursuivre le projet», a-t-il écrit. Elle va aussi devoir se battre, maintenant, contre un certain nombre d’élus franciliens et Valérie Pécresse…