NOMINATION
Louis Sarkozy nouveau délégué à la Sécurité routière

Battu à l’élection municipale de Menton malgré le soutien de Renaissance, le fils de l’ancien président de la République n’a pas tardé à trouver un emploi public. Emmanuel Macron vient de le nommer délégué à la Sécurité routière, aux côtés de la déléguée interministérielle Estelle Balit. Jusqu’où iront les recasages de complaisance ?
Tous les présidents de la République ont succombé dans la dernière année de leur mandat à la tentation du recasage de leurs proches et partisans. Mais alors que l’on s’attendait à la nomination de Rachida Dati à la direction du Château de Versailles, c’est un autre éclopé célèbre du suffrage universel, Louis Sarkozy, qui décroche aujourd’hui même le gros lot en matière de nomination de complaisance, en devenant délégué à la Sécurité routière.
Une nomination 100% disruptive, si l’on peut dire, conforme à l’ADN initial d’En Marche, ou plutôt d’En Voiture, au vu des idées développées le 3 décembre dernier par un candidat en mal de popularité mentonnaise, sur RMC : «Ce qui tue les automobilistes, c’est l’assistanat. Je plaide pour une immense simplification de nos routes : supprimer les feux rouges, les lignes blanches, les panneaux de signalisation. En bref : rendre le citoyen responsable de sa propre conduite, au lieu qu’il la délègue intégralement au code de la route.»
Rien dans le parcours de Louis Sarkozy ne le prédispose à une telle responsabilité.
Diplômé d’une Ecole militaire à Philadelphie en 2015, titulaire d’un master de diplomatie et relations internationales de l’American University à Washington DC, il a ensuite multiplié les expériences professionnelles : conseil en politique, éditorialiste, écrivain, chroniqueur… et même fabricant de mocassins à picots, qu’il ne faut pas confondre avec les mocassins à glands.
Selon nos informations le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur ont vainement tenté de dissuader Emmanuel Macron d’un tel passe-droit. Ils ont juste obtenu que le «fils de» soit placé sous l’autorité de l’actuelle déléguée interministérielle Estelle Balit, nommée en novembre dernier, afin de contenir ses initiatives censées plaire à des automobilistes passablement énervés par la hausse du prix de l’essence. Que n’ont-ils raison…
Contacté par Mobilettre, Louis Sarkozy a en effet consenti à commenter trois de ses initiatives qu’il compte bien mettre en œuvre au plus vite pour créer un effet waouh :
La fin des limitations de vitesse sur les autoroutes et le réseau national non concédé : «La France a le plus beau réseau routier au monde, il faut pouvoir en profiter ! L’objectif est de dissuader les petites cylindrées d’emprunter les autoroutes afin de laisser les SUV et les grosses berlines exprimer toute leur puissance. La voiture est l’avenir de l’homme !»
La fin des amendes et du permis à points : «C’était un piège du Trésor public. Les gendarmes seront mieux occupés à traquer les voleurs et les policiers à verbaliser les cyclistes»
Le stationnement gratuit pour tous les possesseurs d’un macaron «Free Sarko». «Je veux réhabiliter mon père, ce vrai héros de la France libre. Le nouveau porte-avions de l’armée française aurait dû s’appeler le Sarko».
On se perd en conjectures sur les raisons d’une telle prise de risque de la part de l’actuel Président de la République. A un an de la présidentielle, est-ce pour faire la démonstration de l’inanité du projet de libération des contraintes porté par la droite extrême et l’extrême-droite ? Ou pour arracher l’électorat masculiniste au RN et à Reconquête ? Selon nos informations, Donald Trump aurait déjà félicité Louis Sarkozy en le gratifiant d’un «Great ! Amazing !»
Photo DR/BFMTV
