Mobitelex 509 – 28 novembre 2025

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Mobitélex. L'information transport

les décryptages de Mobilettre

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Désenchantement ?

La France sera-t-elle capable d’assurer le développement et la performance des transports collectifs que les voyageurs attendent avec impatience?

Au terme d’instructifs dialogues lors du trentième anniversaire d’Avenir-Transports, mercredi dernier (lire aussi ci-dessous), en compagnie de Sophie Mougard et Dominique Bussereau, Gilles Savary a logiquement acquiescé à notre interrogation : «Oui, il pourrait y avoir un désenchantement des Français».

Ce désenchantement serait relatif à leur demande nettement exprimée de transports collectifs plus nombreux, plus performants, plus accessibles : pourra-t-elle être satisfaite, aussi bien sur la longue distance que dans les trajets du quotidien ? Rien n’est moins sûr. Les difficultés financières du pays hypothèquent les investissements, au point que le milliard et demi d’euros nécessaire à la régénération du réseau ferroviaire apparaît comme l’horizon ultime. Il en faudrait tellement plus, d’argent, pour les matériels roulants, pour les Serm, pour les systèmes d’exploitation, pour les pôles d’échanges, pour les mobilités actives ; pour parvenir, tout simplement, à un ratio transports collectifs/voiture individuelle un peu moins déséquilibré.

Il ne s’agit pas que de ferroviaire, si budgétivore: une autre mobilité, plus sociale et plus écologique, passe par une multimodalité bien plus efficiente que ce qui est proposé aujourd’hui aux Français.

Dans la plupart des métropoles de province, l’offre alternative à la voiture individuelle est si faible. Du coup personne n’est content : trop d’embouteillages parce qu’il fallait bien arrêter la course aux rocades et aux contournements, pas assez de trains, cars, trams et bus interconnectés pour attirer plus de voyageurs.

Mais il n’y a pas que cette capacité des systèmes multimodaux à l’ordre du jour : la qualité de service reste trop souvent insuffisante dans les transports du quotidien. Ce numéro de Mobilettre en chronique quelques exemples, dans une région Ile-de-France qui est pourtant en train de construire une offre massive et attractive. Comment ajouter au choc d’offre un vrai choc de la culture client ?

George Clooney pourra-t-il redire dans dix ans que les trains Français (essentiellement Paris-Londres et Paris-Aix-en-Provence) sont «unbelievable» (sur France Inter, jeudi matin), voire même sortir de sa capsule TGV pour emprunter des RER ou des TER tout aussi «unbelievable» ? G. D.

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SNCF

Jean Castex s’occupe de tout

Lors d’une réunion avec les organisations syndicales, ce jeudi matin, le PDG de la SNCF a fixé un «cap» qui inclut des confirmations stratégiques mais aussi plusieurs inflexions très fortes en matière sociale. Le décryptage de Mobilettre.

Le document de synthèse des échanges entre le PDG de la SNCF et les quatre OS représentatives, «Temps réel n°30», est clair et dense. Moins d’un mois après son arrivée à la tête de la maison SNCF, Jean Castex n’a pas tardé à préciser dans les faits ce qu’il entendait par «centralisateur subsidiaire». En gros, «j’interviens franchement sur tous les sujets que je juge essentiels». Et manifestement, à évaluer le nombre de notes que son cabinet sollicite, ils seront nombreux.

En l’occurrence, si le nouveau président confirme plusieurs lignes majeures du mandat de son prédécesseur (priorité au réseau, partage de la valeur avec les salariés, sauvetage du fret, recrutements massifs), il rajoute un soupçon d’implication personnelle à la hauteur de son rang d’ex-Premier ministre ? Deux exemples : «Le Président Castex tentera d’obtenir une loi pluriannuelle de programmation», «le Président s’engage auprès de Rail Logistics Europe dans la recherche d’un co-actionnaire qui partage les valeurs du groupe SNCF […], et s’efforcera d’obtenir des autorités européennes qu’elles réduisent la durée du ban (interdiction pour Hexafret d’opérer les flux qu’elle a dû abandonner), sans faire peser de risque sur Hexafret et Technis.» S’il réussit, c’est bingo, s’il échoue, il aura essayé. Du travail d’un pro de la politique.

Mais l’essentiel n’est pas là et réside dans une très forte inflexion en matière sociale.

Les syndicats n’ont pas boudé leur plaisir de l’entendre prolonger de six mois l’accord dit ONC (Organisation de la négociation collective) pour «l’adapter à la nouvelle structure du groupe» d’ici juin 2026, et réaffirmer haut et fort l’unité sociale du Groupe, à l’attention des salariés des sociétés dédiées. Cela donne quatre propositions majeures que nous retranscrivons en intégralité :

L’allongement à 24 mois (au lieu de 15), dans les trois premières filiales (NDLR: Etoiles de Nice, Amiens et Nantes-Chateaubriant) du délai de maintien des accords et règles constituant leur cadre social initial, afin de prendre le temps de négocier de manière approfondie les nouvelles règles appelées à s’y substituer. Concernant les accords relatifs à l’organisation du temps de travail, ces négociations devront aboutir à la fin du 1er semestre 2026, pour une mise en œuvre au changement de service 2027 (à mi-décembre 2026).

La création d’une instance biannuelle de dialogue social au niveau de SNCF Voyageurs, pour les trois ans à venir, portant spécifiquement sur les filiales de Délégation de Service Public (les «sociétés dédiées»), visant à renforcer le partage d’informations avec les fédérations nationales.

Un travail de clarification de certains points de la Décision Unilatérale de l’Employeur (DUE) du 13 juin 2024 : modalités des parcours professionnels, processus de notation, application de la garantie de rémunération nette, périmètre de repositionnement des salariés en cas de refus de transfert.

La possibilité pour les filiales d’être intégrées dans le champ d’application de certains accords-cadres du Groupe.

SNCF Voyageurs confirme à Mobilettre que ces mesures ont été «très travaillées ces derniers jours entre SNCF Voyageurs et le groupe, aux niveaux des DRH et des Présidents.» La précision est utile. En première lecture elles paraissent constituer une possible atteinte à la compétitivité de SNCF Voyageurs dans les appels d’offres, et à une forme d’indépendance de la SA. L’instance biannuelle de dialogue social vise en effet à remettre dans le jeu les fédérations syndicales nationales qui se plaignaient assez ouvertement que leurs élus locaux ne se montraient pas à la hauteur dans les négociations locales… Mais après tout, si la SA Voyageurs considère que ces dispositions sont de nature à améliorer le dialogue social en son sein, il en va de sa responsabilité.

En revanche, une deuxième lecture interroge sur une possible «contagion» de ces initiatives à la branche : modifier le «périmètre de repositionnement des salariés en cas de refus de transfert», c’est élargir de fait la possibilité de reclassement dans le groupe public.

En Ile-de-France, ou dans les métropoles de province à plusieurs lots, cela pourrait tarir la capacité de recrutement des concurrents qui se verraient attribuer des DSP. Quant à l’extension du délai de maintien des accords et règles après alternance d’opérateur, de 15 à 24 mois, elle pourrait devenir virale si les syndicats décidaient d’en faire un combat prioritaire chez les nouveaux entrants. Serait-ce si grave ? Le dialogue social décentralisé chez Transdev ou à RATP Dev repose logiquement sur une organisation nouvelle du travail qui nécessite aussi un temps d’adaptation.

Enfin, les calendriers des six prochains mois révèlent une double stratégie : des annonces opportunes envers les salariés (une prime de partage de la valeur fixée dès le mois de décembre, une NAO amorcée dès le 13 janvier) et une saturation des agendas (NAO, ONC mais aussi les accords sur le logement, la formation, la mixité et l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, le droit à la déconnexion).

Dans une réponse unitaire, comme l’était la lettre que Mobilettre révélait la semaine dernière (lire Mobitelex 508), les syndicats se montrent satisfaits («Ces décisions permettent d’engager sans tarder les négociations en vue de construire le socle de droits et garanties collectives commun à l’ensemble des sociétés [du groupe]»), et poussent leur avantage : pas de réunions bilatérales, et vite une table ronde groupe dans les prochains jours.

Effrayées par la perspective d’une décentralisation des dialogues sociaux (au niveau des SA et encore davantage des sociétés dédiées), les fédérations syndicales sautent sur l’occasion offerte de retrouver un rôle majeur, en haut de la structure. Jean Castex est-il en train de sérieusement mitiger la loi de 2018 ? A centralisateur subsidiaire, centralisateurs essentiels…

Pour Transdev, à Marseille c’est le Sud !

Les élections professionnelles à TRSI (Transdev Sud Inter-Métropoles) consacrent la nette victoire de Sud-Rail devant la CFDT et la CGT.

Nul ne sait si «Un jour ou l’autre / Il faudra qu’il y ait la guerre», comme le chantait Nino Ferrer («Le Sud»). Mais la victoire cette semaine de Sud-Rail aux élections professionnelles de TRSI, la première société privée exploitante de TER en France, augure d’un dialogue social musclé, si l’on se réfère aux états de service du syndicat contestataire, qui a su se montrer présent et percutant auprès des salariés ces derniers mois et tout particulièrement cet été.

La CFDT, avec 39,78% (contre 37,63% à Sud-Rail) chez les cadres, techniciens et agents de maîtrise, sauve de justesse sa première place dans sa catégorie de référence, mais n’a pas pu endiguer le raz-de-marée de Sud-Rail chez les ouvriers et employés (56,58%). En global, Sud-Rail est donc proche de la majorité absolue des suffrages, à 46,15%, devant la CFDT (28,40%) et la CGT (19,53%) dont le score interroge sur sa capacité de mobilisation militante. CFE-CGC est à son étiage habituel, tandis que l’Unsa locale, bien éloignée des ambitions de la fédération nationale, a probablement profité du paysage – «le linge étendu sur la terrasse, c’était joli».


RECIT

Le parking de la Gare du Nord était fermé

Histoire d’une petite déconvenue qui en dit long sur les lacunes de la fameuse culture client.

C’était, jusqu’à ce lundi 24 novembre, l’eldorado du voyageur multimodal, la référence en matière de parkings sécurisés pour les vélos à proximité d’une gare. Mobilettre a déjà dit beaucoup de bien de cette belle halle conçue par Arep, la filiale de Gares & Connexions, lors de son inauguration avant les Jeux Olympiques, sur les hauts de la gare du Nord, à Paris – jusqu’à même regretter il y a six mois qu’elle ne soit pas davantage utilisée. Mais petit à petit, par le bouche à oreille, les travées se remplissent, au grand bonheur des abonnés Navigo, dont Mobilettre, qui disposent là d’une solution idéale : on peut y laisser sa batterie de vélo électrique et son casque, filer prendre un train ou un RER, ou même s’arsouiller gentiment au Terminus Nord au retour d’un match de rugby au Stade de France.

Ce lundi 24 novembre, une première déconvenue à 7h30 : portes d’accès fermées.

Heureusement, par chance, l’accès piéton côté gare n’est pas bloqué, ce qui permet aux habitués de garer leur destrier à pédales, malgré une petite inquiétude sur la non-sécurisation de la halle. Mais le lendemain, mardi, même heure, aucun accès possible : tout est fermé. Pas de messages, des centres d’appel qui se refilent avec diligence le mistigri. Personne ne vient ouvrir, il est 8h30 et il faut bien poursuivre sa route, après avoir attaché son propre véhicule en pleine rue – avec un risque élevé de ne retrouver que son cadenas attaqué à la disqueuse. Les banlieusards, en revanche, ne peuvent récupérer leur engin dans le parking et filent vers le métro ou le bus. Novembre est déjà si triste, voilà une déconvenue dont on aurait bien fait l’économie.

Que s’est-il passé ? L’histoire est banalement triste, elle aussi.

Passablement lassés, à juste titre, que leur bulle de contrôle à côté des portes d’accès ne soit pas correctement chauffée depuis plusieurs jours, les agents gardiens du parking, salariés de Kisio (en prestation pour Gares & Connexions) ont déposé un droit de retrait le lundi matin. Lundi soir, une solution technique (à valider avec les pompiers vu la structure en bois de la halle) n’ayant pas encore été trouvée, un employé de la gare était chargé d’ouvrir les portes le lendemain dès 5h30. Disons, sobrement, qu’il y a eu un loupé, ou une défaillance : la porte n’a pas été ouverte avant… 9 heures.

Il y a au-dessus de l’entrée du parking une belle caméra de vidéosurveillance. Manifestement personne n’a réagi aux images des voyageurs désemparés. La sollicitation des centres d’appels est restée elle aussi sans effet. Un agent SNCF qui passait par là un peu après 8 heures n’avait pas la clé et s’est offusqué d’avoir été pris – très gentiment – à témoin de cette défaillance matinale. Personne n’est responsable?

Trois heures pour ouvrir une porte et garantir une continuité de service… Décidément la culture client a des marges de progrès. G. D.

Mauvaise semaine

Le vélo ça coince ? Continuons joyeusement en transport en commun ! Mais décidément, quel début de semaine… Mobilettre continue son récit.

Le bus 26 ? Mauvais affichage du parcours, destination Nation alors qu’on se rend bien à Saint-Lazare (le RER E n’était pas bien en forme non plus). Commentaire du conducteur : «Avec la concurrence plus rien ne va.
– Oui mais cette ligne 26, elle sera reprise par CAP Ile-de-France, filiale de la RATP, c’est la même maison.
En fait tout le monde se fout du service en ce moment, la régulation est pire que jamais.
– Vous-mêmes vous êtes inquiet ?
Ce sera peut-être moins bien, peut-être mieux, on ne sait pas grand-chose.»

Un peu plus tard, la ligne L, à La Défense. Trafic subitement interrompu (de 8h à 9h30). Info très tardive et lacunaire, conseils inapplicables (rejoindre, via le T2 inaccessible car bondé, le RER C à Issy-Val-de-Seine pour aller à Versailles… qui était lui-même en carafe). Des milliers de voyageurs laissés sans solution.

La ligne L, gagnée par Transilien en juin dernier aux dépens de la RATP, accumule chaque jour ou presque les retards et suppressions de trains. Même les dernières stats de régularité disponibles (septembre 2025) sont mauvaises : 88% pour la branche Versailles Rive Droite. Y a-t-il un problème récurrent de signalisation ? Y a-t-il une transition difficile avec la future société dédiée qui expliquerait de trop nombreux cafouillages ?

On pourrait aussi parler d’un voyage en RER D à Evry par un matin pluvieux. Un aller sans souci, mais un retour très contrarié : interruption totale de circulation. Plan B, grâce à une appli, mais trajet beaucoup plus long…

On arrête là. Ne jamais oublier que les trop nombreuses perturbations du quotidien, et surtout une information défaillante ou inadaptée, sont usantes pour les voyageurs. G. D.


MOUVEMENTS

Gautier Brodeo nouveau président de l’UITP

Très investi depuis de nombreuses années au sein de l’UITP, le Français Gautier Brodeo, directeur de l’agence de développement opérationnel de la RATP, est devenu le 21 novembre dernier président de l’UITP (Union internationale du transport public). La présidente sortante, la Canadienne Renée Amilcar, pourtant réélue en juin dernier, a dû renoncer à ses fonctions du fait de ses nouvelles responsabilités au Québec (PDG de Mobilité Infra Québec).

Annelise Avril nouvelle présidente d’Objectif Transport Public

En vertu du principe d’alternance de gouvernance entre opérateurs et élus, le GIE Objectif Transport Public vient de promouvoir à sa tête Annelise Avril, directrice générale France de Keolis en charge des grands réseaux urbains. Elle succède à l’élu orléanais Charles-Eric Lemaignen, qui passe premier vice-président et aura fini son mandat de président par une session réussie des RNTP 2025 à Orléans.

Annelise Avril aura notamment comme objectif, avec le conseil d’administration et l’équipe permanente du GIE emmenée par sa directrice générale Stéphanie Comere, d’imposer la nouvelle marque unique Mobco née de la fusion des deux événements RNTP et Eumo Expo, et ce dès le mois de juin prochain à Paris. «Cette marque commune vient renforcer l’ambition partagée du GART et de l’UTPF : rassembler et accompagner l’ensemble des acteurs publics et privés dans la transformation des mobilités et des territoires», s’est félicitée Annelise Avril.

Sandrine Bernabei Chinzi de retour à SNCF Réseau

Directrice des mobilités routières depuis presque quatre années, après avoir rejoint le ministère de la Transition écologique comme directrice des infrastructures de transport en 2018, Sandrine Chinzi fait son retour chez le gestionnaire d’infrastructure ferroviaire, où elle avait officié depuis 2002 à différents postes (il s’appelait alors RFF). Elle s’occupera de RSE auprès d’Alain Quinet. Jean-René Gely assurera son interim au ministère.


ANNIVERSAIRE

Avenir-Transports, 30 ans de réflexions

La salle de la Maison de la Recherche avait fait le plein et même un peu plus, mercredi dernier, pour les trente ans de l’association parlementaire Avenir-Transports, créée par Dominique Bussereau en 1995, sept ans avant de devenir lui-même secrétaire d’Etat aux Transports de Jean-Pierre Raffarin et Jacques Chirac. Mais l’association, et c’est le grand mérite de ses fidèles administrateurs (Jean-Paul Tran Thiet, Anne Lieure, Guy Le Bras), de ses présidents successifs et actuels (Christophe Plassard et Pascale Gruny) et de ses nombreux partenaires, d’avoir poursuivi les efforts au-delà des sept premières années de réflexion.

Cela en fait donc trente désormais, d’années de réflexion, et l’association a proposé en guise d’anniversaire à Sophie Mougard, inspectrice générale du développement durable (IGEDD), ancienne directrice générale du Stif (ex-IDFM), et à ses ex-présidents Gilles Savary et Dominique Bussereau de revisiter librement la période écoulée, au cours d’échanges animés par Gilles Dansart, directeur de Mobilettre. Sophie Mougard a dégagé comme grandes tendances la construction accélérée d’infrastructures de transport (notamment ferroviaires), la décentralisation et l’ouverture à la concurrence, en insistant sur leurs conséquences. Trop de nouvelles infras au détriment de la régénération du réseau classique et des générations futures, lestées d’une dette conséquente ? Une décentralisation qui manque de clarification des responsabilités et de chef de file (sauf en Ile-de-France, noatmment) ? Une mise en concurrence encore trop laborieuse ?

Gilles Savary et Dominique Bussereau ont repris ces thèmes à leur manière, dans un duo bien au point, en insistant sur l’explosion des offres, spectaculaire en matière de transport aérien et maritime, et de la demande, tellement évidente et durable pour les mobilités terrestres et notamment ferroviaires. Gilles Savary a posé franchement les problèmes de gouvernance et de financement qui risquent de créer un désenchantement citoyen (lire aussi ci-dessus) – la Suisse a consacré quarante années d’efforts budgétaires continus pour gagner quelques points de parts modales sur la route -, Dominique Bussereau a regretté les taxes qui pénalisent l’aérien et appelé à une autre gouvernance de la mobilité des zones peu denses.

En conclusion des échanges le ministre des Transports Philippe Tabarot, retenu à l’étranger, avait accordé un entretien d’une dizaine de minutes au cours duquel il a notamment défendu sa méthode de co-construction de la loi future loi-cadre… si le contexte politique lui en laisse le temps, et sous la surveillance toujours active d’un ministère de l’Economie peu enclin aux sanctuarisations budgétaires.


COLLOQUE

Objectif OFP, une Ambition France Fret

Pendant que Jean Castex, Carole Delga et Frédéric Delorme étaient mardi dernier à Sète pour, entre autres, lancer le nouveau terminal ferroviaire qui favorisera le ferroutage entre Sète et Calais, les professionnels du fret ferroviaire étaient réunis comme chaque année à Paris en novembre pour leur grand colloque annuel, à l’initiative d’Objectif OFP, créé par Jacques Chauvineau et présidé par Philippe François.

La séquence «politique» de cette journée, animée par Mobilettre, a permis de traiter des suites d’Ambition France Transport, dont le président Dominique Bussereau a rappelé les principaux acquis, y compris la pertinence intacte du fret sur la longue distance, avec le combiné en fer de lance, et pour de multiples trafics conventionnels. Poursuite des investissements, performance du gestionnaire d’infrastructures SNCF Réseau, stabilisation du cadre social de branche, devenir des LDFT (lignes de dessertes fines du territoire) : Mobilettre reviendra la semaine prochaine sur ces sujets abordés par les orateurs Matthieu Chabanel, PDG de SNCF Réseau, François Philizot (chargé d’une mission sur les lignes capillaires fret), Stépanhie Lopes Azevedo (UTPF) Raphaël Doutrebente (4F et Europorte) et Alexandre Gallo (Afra et DB Cargo).

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